François ou L'or des muletiers

Septembre 1534 : par une douce journée d'arrière-saison,
un train de mulets en provenance de Lyon dévisse en pleine
montagne vivaroise sous les yeux horrifiés d'un adolescent mal
grandi, François, en passe de vivre la métamorphose la plus radicale
qui se puisse concevoir. Les muletiers périssent tous. Six mulets
survivent, et le jeune François, qui devient leur maître, pourra
accomplir sa destinée dont la visée spirituelle n'entravera en rien
l'importance que va revêtir sa position économique et sociale.
Tel est le générique de ce roman qui interpelle nos
modernités, la corporation des muletiers ayant été vaincue par l'avènement
des routes carrossables, des diligences et, surtout, des chemins
de fer.
À travers ces passionnantes chroniques issues de la tradition
orale, c'est à une vaste entreprise de restauration que se livre
l'auteur. Bien qu'ayant cessé de vibrer dans notre temps, la noble et
chaleureuse lignée des muletiers n'en demeure pas moins vivace
dans le jardin baroque de la mémoire du monde.
Et si la geste singulière du guetteur d'espérance qui inspire
ce conte-histoire évoque instinctivement celle des chevaliers et
autres guides initiateurs toujours en marche aux heures héroïques
d'une époque en gestation, c'est pour mieux tracer le portrait de ces
hommes intrépides qui frayèrent bien des chemins si souvent providentiels
!
Sous la truculence des personnages perce la soif d'absolu
que l'on connaît à des pionniers. Ils étaient bien tels ces «compagnons»
surgis à l'aube d'une ère nouvelle qui exalteraient le goût
de l'action, la solidarité et une invincible foi en l'homme.