George Stubbs : le peintre très anglais du cheval, 1724-1806

Pour ceux qui s'intéressent
au cheval, pour ceux que fascine l'incomparable
beauté plastique de cet
animal, un peintre surpasse tous les
autres. C'est George Stubbs. Un
Anglais "très-anglais" de la fin du
XVIII<sup>e</sup> siècle (1724-1806).
Il n'est peut-être pas le premier
à avoir "osé" prendre le cheval
pour modèle et à avoir "osé" en faire
le thème principal de son oeuvre -
mais il est à coup sûr le plus grand.
Et surtout le plus exact.
George Stubbs a passé plusieurs
années de sa vie à étudier,
avec une minutie extrême, la morphologie
: de ses observations, il a tiré
un ouvrage, The Anatomy of the
Horse (1766), composé d'une série de
planches d'une incroyable précision,
qui, deux siècles et demi plus tard,
continuent à faire référence.
Mais, loin de restreindre
(il faudrait dire ici : de brider) son
inspiration, l'étude scrupuleuse de
l'anatomie du cheval a donné au
contraire à Stubbs une totale liberté
descriptive. Les cinquante reproductions
contenues dans cet ouvrage le
prouvent. Stubbs a su peintre le cheval
dans toutes les attitudes, à toutes
les allures, dans toutes les situations.
Il a fait mieux : en peignant
les chevaux - et leur entourage - il a
su peindre une société, une époque,
donnant ainsi ses lettres de noblesse
à un genre que les Anglais désignent,
avec un certain mépris, sous
le nom de "peinture sportive".
Stubbs, en effet, n'est pas un
simple peintre animalier, un banal
peintre "de genre" spécialisé dans
les scènes de chasse ou les courses
hippiques. C'est un grand, un très
grand artiste, qui a influencé d'autres
grands, très grands artistes
(Géricault, pour n'en citer qu'un).
Il est étrange que jamais
aucun livre ne lui ait été consacré en
France - celui-ci est le premier -,
et plus curieux encore qu'en Grande
Bretagne même, la dernière publication
sérieuse qui lui ait été consacrée
est le catalogue d'une exposition
que la Tate Gallery a organisée en
son honneur voici... près de vingt
ans.
C'est en coopération avec ce
fameux musée londonien que nous
avons réalisé le présent ouvrage.
Jean-Louis Gouraud