Journaux, 1920-1922. Notes autobiographiques, 1920-1954

Ces <<choses privées>> dont Brecht disait, le 21 avril 1941, qu'il les avait à peu près éliminées de son Journal de travail, du fait qu'il s'y intéressait lui-même assez peu, qu'il ne disposait guère pour en rendre compte d'un mode de représentation qui le satisfasse, et surtout qu'il s'attendait <<à devoir leur faire franchir un nombre incalculable de frontières de toute nature>>, ces <<choses privées>> n'en ont pas moins rempli quatre <<Journaux>> entre 1920 et 1922, et fait l'objet de <<Notes autobiographiques>> disséminées entre 1920 et 1954. L'ensemble constitue cet ouvrage posthume où Brecht se parle : il y est question de sa famille, de ses amitiés, de ses amours, de ses haines, de ses problèmes matériels, de ses projets et activités littéraires, etc., au fil de journées souvent difficiles, dont se dégage un <<art de vivre>> bâti sur les contradictions. Sans doute tirera-t-on de ces pages le sentiment qu'ici comme ailleurs une oeuvre s'est édifiée tout à la fois avec et contre les <<choses privées>>, et que Brecht lui-même est une sorte d'exemple <<positif>> de ce qui est démontré dans Homme pour homme, à savoir <<que l'on peut faire tout ce qu'on veut d'un homme>> ; le choix étant peut-être de se persuader un jour, alors qu'on ne savait <<encore rien de la politique>>, que la connaissance des <<choses publiques>> est seule à même de rendre vivantes les expériences personnelles dispersées.