Le petit peuple de Namur : épopée familiale : 1847-1947

Oyez oyez chers lecteurs, approchez, n'ayez peur. Je cumule les malheurs dont certains font leur beurre. Fermez les yeux sur mon costume ; ignorez ma pâleur. Si j'arbore la fatigue comme une peau de chagrin, mon poignet reste ferme, j'ai le muscle sain. Écoutez le son de ma caisse à madeleines qui distille les airs d'antan comme autant d'éclairs, d'avant, quand le temps était bon. Vieux temps. Manivelle ! Écoutez ce temps qui passe, qui s'écoule comme un torrent. Réjouissez-vous, chers lecteurs, de ce mouvement qui me blesse à sang. Je garde le « la » car l'essentiel est là : vous conter en quelques mots, en quelques notes, l'histoire des petits, des manants. Des Namurois loin d'être rois qui ont pourtant, en l'ignorant, fait de Namur la Belle ce qu'elle est au présent, repue de sueur, de larmes et de sang.
Louis, le joueur d'orgue