La République d'Arménie : 1918-1920

Le XX<sup>e</sup> siècle, siècle du génocide des Arméniens de l'Empire
ottoman, en 1915, a été aussi le siècle de la résurrection d'un
État arménien.
La Première République d'Arménie (1918-1920) a été fondée
en Transcaucasie, dans le chaos et la famine, dans le sillage
de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe.
Encombré de réfugiés et d'orphelins, l'État arménien réussit
cependant à jeter les fondements d'une démocratie parlementaire
dans laquelle le droit de vote est reconnu aux femmes,
l'enseignement primaire est obligatoire et la séparation de
l'Église et de l'État est réalisée.
Bien que les Alliés aient pris l'engagement de garantir
l'existence et la sécurité du peuple arménien, ils renoncent à
appliquer le traité de Sèvres (août 1920) qui lui accorde d'importantes
compensations territoriales en Turquie.
Enjeu de la politique internationale, située au carrefour de
deux mouvements révolutionnaires, bolchévique et kémaliste,
la République d'Arménie succombe sous les coups portés par
l'armée kémaliste au moment où se forme un «axe Ankara-Moscou».
Néanmois, la Première République d'Arménie a été le socle
sur lequel s'est accomplie l'évolution future de l'Arménie soviétique
(1921-1991) et de la république d'Arménie, indépendante
depuis 1991 ; elle a légué un territoire, une capitale, Erevan, un
drapeau tricolore, une langue nationale et une volonté d'indépendance
nationale, mais aussi la question de terres irrédentistes
comme celle de la république du Haut-Karabagh.
Une question d'Histoire qui nous renvoie à l'actualité.