Syndicalisme et anarchisme au Brésil

Dans cet ouvrage, Alexandro replace le
mouvement libertaire brésilien dans un
contexte économique et social - celui de la
fin du XIXe et du début du XXe siècle - qui
permit sa naissance et son développement
mais il le met aussi en perspective avec
d'autres expériences libertaires, entre autre
avec celle du mouvement qui se constitue
en France à la même époque. Il souligne
d'ailleurs, combien l'expérience française
des Bourses du Travail et de la CGT de
Pelloutier et de Pouget exerça une
influence forte sur les organisations
ouvrières de classes au Brésil au début du
XXe siècle.
Comme en France d'ailleurs, l'anarchisme
reçoit d'abord une définition négative,
synonyme de désordre, mais le terme fut
rapidement utilisé par les critiques politiques
pour condamner les pouvoirs en
place ce qui contribua, dès les années
1835, à faire naître une définition positive
de l'anarchisme comme le proposait
Pierre-Joseph Proudhon. Mais, c'est de fait
la Commune de Paris qui popularisa l'idée
d'anarchisme au Brésil. Même si les
fouriéristes venus de France qui avaient
tenté de créer des phalanstères avaient
préparé le terrain à un anarchisme rural
symbolisé par la colonie anarchiste de la
Cécilia (1890).
De fait, le texte d'Alexandro Samis, qui
fourmille de précisons sur le mouvement et
les réalisations anarchistes sur le territoire
brésiliens du milieu du XIXe et du début du
XXe siècle, vient combler une grande
lacune quant à notre connaissance de cette
réalité anarchiste en Amérique lusophone
et remettre un peu de «vérité historique»
dans une histoire bafouée, très et trop
souvent, pour ne pas dire toujours, au
service des dominants et de la domination.