Modernités alternatives : l'historien face aux discours et représentations de la modernité

L'idée de modernité ne se prête à aucune explication simplificatrice. Dans le monde
occidental, elle est née d'une conception linéaire du temps puis a été associée à l'idée de
progrès. Mais des réalités très différentes ont, depuis, été perçues comme "modernes". Si,
au XX<sup>e</sup> siècle, la modernité des Lumières est assez communément admise, nombre de
contemporains ont vécu les fascismes comme "modernes" tandis que le communisme a
été durablement perçu, par d'autres, comme l'unique voie d'accès à la modernité... Dans
les registres politiques ou esthétiques, les avant-gardes se déclarent, les unes après les
autres, "modernes"...
L'historien doit appréhender la complexité des formes et des temporalités de la modernité,
comprendre ce que certains ont vécu comme modernité. Ce livre analyse des propositions
définies ou vécues comme des termes d'alternative «moderne», et en particulier les
projets de modernités alternatives aux modèles libéraux, du XIX<sup>e</sup> au XXI<sup>e</sup> siècle, en Europe
et dans les Amériques. L'étude s'inscrit dans une double perspective, d'histoire des représentations
et d'histoire comparée.
Les historiens et sociologues réunis dans ces pages n'ont qu'une ambition : montrer que
cette complexe histoire globale et comparée des perceptions de la modernité donne une
trame d'intelligence complémentaire, un «supplément d'âme», au labeur de l'historien
et à la compréhension du passé.