Caillera... cette France qui a peur

Caillera , un terme réservé au seul usage «interne». Qu'arrive-t-il
lorsque «l'autre camp», en l'espèce un ministre de l'Intérieur, s'en
empare et le «remet à l'endroit» : «Vous en avez assez de cette bande
de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser.» En franchissant la
barrière sémantique le 25 octobre 2005, «le premier flic de France» ne
se contente pas de stigmatiser en une formule la population des cités :
il se place sur le même terrain et au même niveau que ceux qu'elle est
censée désigner. Il devient lui-même caillera. Ces propos ont été tenus
à l'endroit même (la Dalle d'Argenteuil) où quinze ans plus tôt un
quartier brûlait et les magasins étaient éventrés sous les coups des
gamins de la cité.
Depuis, une nouvelle génération de «petits frères» et de «petites
soeurs» est apparue. Lassée des promesses non tenues, elle s'est fait
entendre en déclenchant une série d'émeutes sans précédent en novembre
2005.
L'auteur analyse l'inaction que les médias et les pouvoirs
publics ont voulu taire. Elle retrace l'histoire d'une «génération caillera »
à la lumière des nouveaux facteurs sociopolitiques : le développement
du communautarisme, la montée du sécuritaire.