Après l'écrit : de l'achèvement liturgique de la philosophie

Après l'écrit : de l'achèvement liturgique de la philosophie

Après l'écrit : de l'achèvement liturgique de la philosophie
Éditeur: Ad Solem
2013374 pagesISBN 9791090819108
Format: BrochéLangue : Français

Nous serions-nous trompés (nous, héritiers de la Grèce,

artisans ou praticiens de la métaphysique) en accordant

une centralité au phénomène de la voix et en traitant l'écrit

comme substitut de celle-ci ? L'erreur qui aurait été commise

reçoit chez Jacques Derrida le nom de «phonocentrisme».

Derrida ne voulait pas passer pour un archéologue, et la

question était celle d'une priorité phénoménologique : du

dit ou de la trace écrite, quel est le phénomène le plus originaire

? Mieux vaudrait ne pas raidir la différence. Catherine

Pickstock prend pour exemple la prière liturgique, dont la

voix fait éclater les limites du texte. Cette voix nous est

donnée «après l'écrit», parce que sa présence n'est pas pour

l'interprétation. La prise de parole liturgique veut nous offrir

les mots dans leur gloire ; et en même temps, il n'y a pas de

liturgie sans textes liturgiques. Celui qui célèbre est un lecteur,

dont la personne est intégrée à la personne d'un autre : in

persona Christi. La liturgie offre une alternative théologique

au primat naïf de la voix. Elle donne aussi les moyens de

critiquer le primat naïf de l'inscrit. Vive et inscrite à la fois,

la prière liturgique constitue aussi bien un acte de parole

qu'un acte de présence. Celui qui aura lu le livre de Catherine

Pickstock s'en convaincra aisément.

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