La guerre des deux droites

Et si les sondages qui donnaient François Fillon vainqueur ne s'étaient
pas trompés ? Si le score de l'élection à la présidence de l'UMP,
en novembre 2012, n'était pas le résultat du vote mais celui d'un
bidouillage ? Si le revirement des électeurs n'était pour rien dans
le fait que Jean-François Copé ait obtenu 10 à 15 points de plus
qu'annoncé ?
Au fossé entre le résultat des urnes et les prévisions des enquêtes
s'ajoute une foule d'anomalies liées non aux instituts, mais au parti
lui-même. Mises bout à bout, elles ont représenté environ 25 000
suffrages «flottants», soit 15 % des votants. Une différence qui coïncide
avec la «gaffe» astronomique des instituts de sondage...
Si l'on ajoute à ces constats l'utilisation de l'appareil du parti au profit
d'un seul des deux candidats, le chaos dans certains bureaux de vote,
la mainmise sur les commissions de contrôle et d'appel, comment
ne pas s'interroger sur le score de Jean-François Copé ? L'accord que
Fillon a fini par obtenir a d'ailleurs tout d'un réquisitoire : si l'on
revote en 2013, n'est-ce pas que le scrutin n'était pas régulier ? Et si,
pour sortir de la crise, l'UMP s'engage à la transparence, n'est-ce pas
qu'elle naviguait en eaux troubles ?
Cette chronique d'une élection confisquée s'appuie sur de nombreux
témoignages inédits. Au-delà, parce que la «guerre des deux droites»
a aussi ses racines dans l'Histoire, Hubert Huertas en explore les
causes profondes, de la fondation de la V<sup>e</sup> République à la chute de
Nicolas Sarkozy.