Roger Agache, détective du ciel : découverte de l'archéologie aérienne

«L'avion est une machine sans doute, mais quel instrument d'analyse ! Cet
instrument nous a fait découvrir le vrai visage de la terre... Nous voilà donc
jugeant l'homme à l'échelle cosmique, l'observant à travers nos hublots comme
à travers des instruments d'étude. Nous voilà relisant notre histoire.»
Antoine de Saint-Exupéry
D'une saison à l'autre - hiver comme été -, à des moments incongrus - du lever au
coucher du soleil -, R. Agache parcourt sa Picardie natale pour photographier les
«fantômes de la mémoire» des hommes. D'avion, en mai 1961, il découvre le tracé
du camp romain de Vendeuil-Caply. À partir de cette découverte, il fait reconnaître en
France l'archéologie aérienne comme une discipline essentielle pour la connaissance de
l'occupation humaine des territoires.
Le Musée archéologique de l'Oise a ouvert ses portes en
juin 2011 sur le site archéologique de Vendeuil-Caply, à
200 mètres des vestiges du théâtre antique. Les architectes
du cabinet N!Studio ont conçu une architecture
contemporaine lumineuse intégrée au paysage et à
l'environnement, évoquant la superposition des couches
archéologiques au cours de l'Histoire. L'établissement
conçu pour accueillir les personnes à mobilité réduite
présente un espace d'exposition de 200 m<sup>2</sup>, une salle
d'atelier pédagogique et un centre de documentation.
De la Préhistoire au Moyen Âge, les réserves du musée
conservent des témoignages des premières traces d'occupation
humaine sur le territoire de la communauté de
communes des Vallées de la Brèche et de la Noye. Une
place prépondérante est accordée à la période galloromaine,
avec les vestiges de monuments, d'activité
artisanale et de vie quotidienne de l'agglomération
antique. En effet, l'essentiel des collections provient
des cinquante années de recherches menées sur le site
archéologique. Chaque année, un chantier de fouilles
programmées permet d'enrichir nos connaissances.
De plus, le musée conserve les collections de généreux
donateurs, afin que les vestiges découverts sur
le site soient étudiés et présentés au public. Chaque
année, une nouvelle exposition temporaire permet de
découvrir les résultats de la recherche scientifique et
les méthodes de l'archéologie à travers des objets habituellement
conservés dans les réserves ou empruntés
à d'autres musées.
Par ailleurs, les réserves du musée accueillent aussi un
Centre de Conservation et d'Étude de la DRAC Picardie,
des espaces de travail pour les archéologues et un laboratoire.
La vocation première du centre est de favoriser
les échanges entre les archéologues spécialistes
de la période de romanisation de la Gaule Belgique,
grâce à l'accueil de chercheurs, l'étude des collections
anciennes et leur publication.