Viol, hypnose et justice : une déroute judiciaire suisse

Viol, hypnose et justice : une déroute judiciaire suisse

Viol, hypnose et justice : une déroute judiciaire suisse
Éditeur: Slatkine
2017155 pagesISBN 9782832107935
Format: BrochéLangue : Français

Un viol à deux exceptionnel. D'abord par l'audace, l'improvisation,

la sauvagerie, la rapidité et la brutalité de son exécution. Sur une

grande artère déserte et éclairée, après minuit, coups, menaces, viols

répétés, derniers cris de haine sexistes ; pas de témoin. Puis par le très

long silence, près de trois ans, avant la plainte, les traits de violeurs

oubliés. La victime cache d'abord l'histoire à sa famille, puis vit dans un

sentiment permanent de culpabilité dont l'origine n'est pas claire. Elle

consulte un centre d'aide aux victimes de violence, qui l'aide à porter

plainte, et lui conseille de suivre les soins d'une psychothérapeute ayant

l'expérience de l'hypnose dans le traitement des traumatismes sexuels.

Après quelques séances, elle croit avoir retrouvé les traits de ses

agresseurs assez clairement pour proposer à la police de faire des

portraits-robots. Ce n'était pas le but initial.

Tout va aller très vite, un succès policier fulgurant : deux inspecteurs

y voient chacun une ressemblance avec une photo déjà vue, et en

identifient des suspects à l'aide de techniques relevant davantage d'une

« présomption de culpabilité » que d'innocence. La défense demande

une expertise de fiabilité, immédiatement rejetée par le magistrat

instructeur. Les deux accusés, qui n'ont cessé de clamer leur innocence

et n'ont aucun passé de violences sexuelles, seront reconnus coupables

de viol, avec les circonstances aggravantes de la cruauté et de l'action

collective.

Quinze mois plus tard, le Tribunal fédéral ordonne la libération des

deux prisonniers, recommande l'acquittement de l'un et diffère sa

décision pour l'autre sur la base d'un point de procédure. La fiabilité de

la victime et celle des inspecteurs en souffre beaucoup, et les avocats

attendent le dernier verdict avec beaucoup d'intérêt. Encore deux ans

plus tard, et c'est la stupeur : la culpabilité du second est confirmée. Et

le coupable manquant, alors ? On ne l'a jamais recherché.

Ce n'est pas une demi-erreur judiciaire, mais une forme de

schizophrénie...

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