La censure à l'oeuvre : Freud, Kraus, Schnitzler

La censure à l'oeuvre : Freud, Kraus, Schnitzler

La censure à l'oeuvre : Freud, Kraus, Schnitzler
Éditeur: Hermann
2015210 pagesISBN 9782705690397
Format: BrochéLangue : Français

Une société libéralisée peut-elle renoncer à toute censure ? Même

dans les sociétés contemporaines, la liberté illimitée d'expression n'a

jamais été instaurée et les opinions déviantes qui mettent en cause la

norme du «politiquement correct» s'exposent à un retour en force de

la censure répressive.

Le cas viennois prouve cependant que, pour la défense des valeurs

d'une culture, la censure administrative n'est pas une arme adaptée :

bien que la liberté de la presse fût un acquis des gouvernements

libéraux des années 1860, la censure y était toujours à l'oeuvre. Freud

lui attribuait même le rôle d'instance régulatrice du processus de

civilisation. Karl Kraus, le plus féroce des critiques du journalisme,

démontait les nouveaux mécanismes de censure informelle et invisible

par lesquels la presse informait ses lecteurs, c'est-à-dire soumettait

leur perception de la réalité à un formatage quotidien. Ainsi, la

modernité viennoise anticipait les théories de la censure structurale

de Foucault et Bourdieu.

Après avoir interdit quelques pièces judéophobes, la censure théâtrale

viennoise rompit, en 1912, avec sa propre ligne «anti-antisémite» en

empêchant la représentation du chef-d'oeuvre d'Arthur Schnitzler. Le

Professeur Bernhardi.

Soumise aux fluctuations du pouvoir politique, la censure ne suit ni

règle ni principe. Définitivement discréditée, elle ne pourra plus servir

de pilier à une politique de civilisation.

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