La fabrique scolaire de l'histoire : illusions et désillusions du roman national

Depuis la Révolution française, l'enseignement
de l'histoire est associé à la construction
d'une «identité nationale». En prenant la forme
d'un récit ethnocentré, l'histoire scolaire
devait permettre l'intégration de tous les futurs
citoyens de la République, quelles que soient
leurs identités originelles, dans un ensemble
politique unique.
Aujourd'hui, alors que la période est favorable
à la reconnaissance des «identités plurielles»,
les exclus du roman national réclament
l'ajustement des programmes scolaires
et critiquent la fabrique scolaire de l'histoire
vue comme un instrument de domination.
Le moment est propice pour interroger la
manière dont l'histoire scolaire est fabriquée.
De fait, l'enseignement de histoire à l'école
est le produit d'une chaîne de responsabilités
dont il nous faut interroger chacun des maillons :
pourquoi et comment apprendre l'histoire,
et quelle histoire ? Car c'est une politique
du passé qui s'exprime à travers ce montage.
Une politique où la question d'une histoire
commune et donc de l'universalité est en jeu.