L'autrement-être : une plaque tournante entre mimésis et catharsis : une hésitation du langage qui se résout dans la langue, créant en profondeur le couple contrastif du russe et du français

L'autrement-être
L'Autrement-être clôt la trilogie du cycle repassant d'abord par L'Autrement-pensé (2002), puis par L'Autrement-dit (1995). Toute démarche cyclique se reconnaît au retour sur la question du fond. Avec le décalage du sens qui s'annonce comme thème général, la formule « L'homme, métaphore » émise à gauche du tableau livresque ne saura plus se passer des précisions du côté droit du triptyque. Que l'homme soit une métaphore, d'accord. Mais encore : une métaphore par rapport à quoi ? Par rapport au monde ou par rapport à soi-même ? Cela ouvre un nouveau paradigme pour les sciences du langage que j'ai toujours voulu voir repartir sur les bases anthropologiques. Déjà, selon que l'homme fait face à un repère ou à l'autre, il ne confère pas à sa langue la même impulsion mimétique, pas plus qu'il ne lui imprime la même réaction cathartique, ce qui donne une profondeur typologique. Le gage est identitaire : mille mots les plus fréquents côté français/côté russe. En voici les images précurseurs qui illustrent la première et la quatrième de couverture. L'une est d'inspiration surréaliste : l'objet artificiel s'inscrit dans un cadre préétabli - le prix à payer est le redressement de la nature qui prend une position verticale d'humain. L'autre image est impressionniste : rien qu'une ombre projetée par le soleil couchant sur le mur d'en face ; l'homme lui-même n'y demeure, sa droite et sa gauche inversées, que de façon négative. Ce sont là des visions différentes comme si on avait affaire à deux mondes séparés. Mais avec moins d'opposition et plus de nuance, on peut essayer de retrouver le monde un. S'agirait-il d'une unité nuancée, cachée derrière le jeu des langues, tissée à l'intérieur et comme dissimulée depuis Babel ? La réponse est dans le texte, dans une bonne centaine de points relevés dans nos deux langues.
Son esprit indépendant fait de Boris Lobatchev un autrement-être en soi. Avec cet électron libre, tout ce qui est trop proche de nous semble retrouver la bonne perspective.