Ausser Gefecht : Kriegstagebuch August Scharr 1914. Hors de combat : carnet de route d'August Scharr, 1914. Les prisonniers de guerre allemands à l'hôpital d'Issoudun, 1914-1918

Après avoir été presque totalement ignoré par l'historiographie de la Première
Guerre mondiale durant de nombreuses années, le thème des prisonniers de
guerre est aujourd'hui en profond renouvellement. La découverte fortuite de deux
cahiers manuscrits datant de cette période a été le point de départ d'une passionnante
enquête sur la captivité de guerre qui s'inscrit contre ce mouvement
d'amnésie qui avait écarté un combattant sur dix de notre patrimoine mémoriel.
Le premier cahier contient un texte anonyme en allemand et le second, un
répertoire alphabétique d'environ 600 militaires allemands, malades ou blessés.
Le lien entre les deux cahiers sera établi après quelques semaines d'investigations,
tandis que plusieurs mois seront nécessaires pour identifier les personnages
et les lieux mentionnés.
August Scharr, auteur du premier cahier, originaire de Hanovre, était soldat
dans un régiment de réserve de la 2<sup>e</sup> armée von Bülow. Il raconte son épopée
depuis la mobilisation jusqu'à sa capture durant la bataille de la Marne. Il fut
admis à l'hôpital mixte d'Issoudun à la fin d'octobre 1914, raison pour laquelle
il figure dans le second cahier qui répertorie les prisonniers allemands
hospitalisés dans cet hôpital durant le conflit. Il sera emporté par la fièvre
typhoïde en novembre laissant ainsi son récit aux mains d'un administrateur
de l'hôpital, auteur du second cahier. La première partie de l'ouvrage présente
le texte original en allemand du récit de Scharr, puis sa traduction en français
commentée et illustrée, tandis que la seconde partie reconstitue le parcours des
600 patients mentionnés dans le second cahier.
Grâce à la «redécouverte» du fichier national des prisonniers de guerre de
la Première Guerre mondiale, et à l'utilisation des listes de disparitions de l'armée
allemande, il a été possible de replacer l'hospitalisation à Issoudun, pour
chacun des 600 patients, dans son parcours de prisonnier et, au-delà, d'établir
un véritable cadre quantitatif des conditions réelles de la captivité. Ces données
sérielles fournissent en effet un suivi des différents déplacements des prisonniers
depuis la capture jusqu'au rapatriement, permettant ainsi une mesure
fine des flux, des mutations subies, des conditions de mortalité et de l'importance
des rapatriements via la Suisse, renouvelant totalement une perception
jusqu'alors forgée au prisme des témoignages.