Sensibilité animale : perspectives juridiques

Si l'animal est dorénavant reconnu par le Code civil,
le Code rural ou le Traité sur le fonctionnement de
l'Union européenne en tant «qu'être sensible», la
prise en compte progressive dans le droit positif de la sensibilité
de l'animal et la protection qui en résulte sont loin
de faire l'objet d'un régime juridique cohérent et structuré.
En droit, la sensibilité de l'animal est appréhendée de
façon plurielle : elle se construit à la périphérie de chacune
de ses branches et peut faire l'objet de diverses limitations
pour des impératifs économiques, sanitaires, sécuritaires,
ainsi que pour des considérations culturelles ou religieuses.
L'animal est-il dès lors véritablement saisi en tant que tel ?
Entre l'animal de compagnie, de ferme, de laboratoire ou
l'animal sauvage, sa sensibilité est plus ou moins considérée,
voire négligée.
Un statut de l'animal complet, autonome et cohérent est
donc une perspective encore lointaine. Dans ce contexte,
l'objet de cet ouvrage est de poser les jalons de son unité
et d'envisager cette sensibilité comme une grille de lecture
pertinente du droit animalier et de ses évolutions.