La baronne

Serait-ce pour se gausser de ses grands airs ? Louis, en affublant
son épouse du sobriquet de La Baronne , la tourne en dérision et ce
ricanement se nourrit de sous-entendus. Tous deux, au soir de leur
vie, dédaignant leur inconfort, s'affrontent au quotidien. Aux sarcasmes
de l'un répond l'indifférence affichée de l'autre, tout entière
occupée à gérer, avec hauteur et distinction, son domaine campagnard,
menacé de ruine.
En ce début juillet 1950, ils accueillent leur famille. Or la fragile
harmonie de ce bel été va bientôt se voir menacée : un couple invité
vient jouer les trouble-fête et susciter la renaissance d'une époque
révolue. Ainsi se révèle peu à peu l'histoire de Charlotte : ses
amours sur fond de Belle Époque et de passion automobile, son
drame intime, ses bévues, ses égarements comme sa vaillance, aux
mauvais jours.
Par touches successives, l'auteur livre ici un portrait de femme follement
éprise mais sans concession, tour à tour attachant, exaspérant,
cocasse, émouvant. Avec son intransigeance et ses limites, ses faiblesses,
sa dignité et son courage, Charlotte, toute livrée à ses rêves,
demeure insaisissable.