La ville au bord du fleuve immobile

"Ce soir-là, au-dessus de la ville, lorsque le ciel fut complètement dégagé, un étrange phénomène se produisit, comme si l'on respirait une certaine félicité universelle, comme si l'air de ce crépuscule de la mi-avril avait apporté avec lui des messages au sens caché... [...] comme si dans cette ville où vivaient tant d'hommes solitaires, tant d'esprits résignés, tant de malheureux n'ayant point vu leur propre fruit mûrir en eux, tant de vaincus pleins d'ardeur, tant de jeunes en proie à une douleur ineffable, s'était brutalement répandue la rumeur que seuls renaîtraient un jour ceux qui auraient connu l'agonie dans le désert, la mort dans les affres du doute, et qu'ils se retrouveraient purifiés sur les terres de l'espoir où ils connaîtraient la joie."
"La Ville au bord du fleuve immobile, écrit entre 1935 et 1936, a ouvert de nouvelles voies à la littérature de langue espagnole de ce siècle. Par sa profondeur psychologique, il a su rendre dans leur totalité les caractéristiques de l'homme argentin, de l'homme américain."
Lisardo Pibida, Buenos Aires, juillet 2000.
Depuis Chaves, son chef-d'œuvre, La Ville au bord du fleuve immobile est le cinquième livre d'Eduardo Mallea traduit aux éditions Autrement.