Philosophie, n° 120

Philosophie, n° 120

Philosophie, n° 120
Éditeur: Minuit
201495 pagesISBN 9782707323422
Format: BrochéLangue : Français

Ce numéro s'ouvre par la présentation et la traduction, dues à Christophe

Bouriau et Oliver Schlaudt, d'un texte polémique écrit par Hans

Vaihinger en 1900, «Une controverse française sur la vision kantienne de

la guerre». L'objet du texte est l'interprétation d'un passage de Kant où

ce dernier écrit qu'«au niveau de culture où se trouve encore le genre

humain, la guerre reste un moyen indispensable pour faire progresser

celle-ci». Dans le conflit des interprétations qui a opposé Louis Couturat

à Ferdinand Brunetière quant au statut de la guerre chez Kant, Vaihinger

y prend parti pour le premier ; ce travail entend ainsi éclairer la

réception de Kant en France et en Allemagne dans une période de tension

persistante entre les deux pays.

Dans «L'influence de Bolzano sur l'analyse phénoménologique du langage

ordinaire chez Husserl», Alain Gallerand part des significations,

définies par Bolzano comme des unités idéales sur le modèle des représentations

et propositions en soi, et montre comment Husserl les interprète

comme des espèces s'individualisant dans les actes de la conscience.

Il met ensuite en évidence que l'influence de la sémantique objective ne

se limite pas aux énoncés théoriques (souvent privilégiés par les commentateurs),

mais s'exerce également sur d'autres aspects des langues

naturelles, en particulier dans l'analyse phénoménologique des indexicaux

et des noms propres.

Dans «Bolzano et le psychologisme. Sur la possibilité des représentations

sans objet», Maria Gyemant part de la thèse célèbre de Bolzano

selon laquelle «Il y a aussi des représentations sans objet», qui se présente

comme la négation d'un principe fondamental de la psychologie de

Brentano et ses élèves - pour lesquels le fait d'avoir un objet fait partie

de l'essence même de la représentation. Elle tente de montrer que le débat

autour des représentations sans objet est fondé sur un malentendu lié à

l'équivocité du concept de représentation - ce dernier étant entendu tantôt

comme l'acte subjectif de se représenter, tantôt comme une signification

idéale.

Dans «Écrire le cas - Pinel aliéniste», Philippe Huneman analyse la

manière dont la nouvelle conception de la maladie mentale et de la psychiatrie

par Pinel va de pair avec un type spécifique de grammaire utilisée

pour décrire le cas clinique. Une première partie présente la catégorie

de cas clinique en relation avec l'étude de cas en médecine clinique à

l'époque, puis avec l'institution qu'est l'hôpital ; une seconde élucide les

aspects de la grammaire du discours pinellien (causalité, présence de

l'hôpital, cas clinique comme dispositif rhétorique).

D. P.

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