Penser rêver, n° 25. L'intime et son spectacle

L'intime est à la une ! Les «affaires» le montrent : l'intime est un dérangement
spectaculaire - et du spectacle entre dans sa structure. N'aurait-il pas
de consistance propre ? Et si l'on peut en faire un objet de communication,
l'intime existe-t-il ? Pourtant le cabinet de l'analyste, l'atelier du peintre, le récit
de l'écrivain accueillent une pure intimité, une scène secrète de la pensée
et du coeur. Le transfert, le rêve sont chose privée.
Le texte bien connu de Winnicott sur la capacité d'être seul - ce pourrait être
le tableau d'une scène d'intérieur, puisqu'il s'agit d'être seul en présence
de la mère - n'a-t-il pas pour enjeu la frontière de l'intimité ? Et si nos tableaux
familiers, si paisibles, étaient aussi des scènes de genre intranquilles ?
Et si l'intime était le spectacle qui en cache un autre, inquiétant ?