Platon : le désir de comprendre

"- Eh bien, sur ce point, ne nous trouvons-nous pas en
complète opposition avec ce qu'on pense généralement
du philosophe ?
- On ne peut plus complète, dit-il.
- Notre défense ne sera-t-elle pas à la mesure du
problème si nous disons ceci : celui qui aime
véritablement apprendre est par nature porté à lutter
pour atteindre ce qui est ; il ne s'attache plus à chacune
des multiples choses que l'opinion croit exister, il
avance, sans laisser son désir faiblir et s'éteindre, jusqu'à
ce qu'il ait saisi la nature de ce qu'est en elle-même
chaque réalité, par la partie de son âme à laquelle il
convient d'y accéder - or cela convient à ce qui est
apparenté ; une fois qu'il s'est approché de ce qui existe
réellement et s'y est uni, il engendre intelligence et
vérité, et, dès lors, il connaît, vit et se nourrit
véritablement ; c'est bien ainsi, n'est-ce pas, mais pas
avant, que cessent pour lui les douleurs de l'enfantement ?"
Platon, République