Sanctionner dans le respect des droits de l'homme. Vol. 1. Les droits de l'homme dans la prison

À l'exception de la liberté d'aller et de venir, l'ensemble des droits et
libertés doit être garanti aux personnes détenues. Comme le souligne
expressément le pacte international relatif aux droits civils et politiques,
toute personne privée de liberté doit être «traitée avec humanité et le
respect de la dignité inhérente à la personne humaine».
L'écart est grand avec la réalité telle qu'elle est vécue dans les prisons.
C'est pourquoi la CNCDH a regroupé, dans ce premier volume, ses réflexions
sur le sens de la peine, une étude globale sur les droits de l'homme dans
la prison et des études spécifiques portant sur des problématiques particulièrement
inquiétantes : la situation des étrangers détenus, des mineurs
incarcérés, l'accès aux soins des personnes détenues et le maintien du
lien familial au cours de la détention.
Depuis des années, notre société et les pouvoirs publics refusent de voir
le problème en face et de dégager tous les moyens humains et financiers
réellement indispensables pour gérer dans la dignité une population
carcérale en hausse. Situation poignante parce qu'elle oblige les personnels
de l'administration pénitentiaire et les services de la Chancellerie à
travailler le plus souvent dans des conditions extrêmement difficiles, parce
qu'elle confine les détenus et leur famille dans un contexte de non-droit,
parce qu'elle renie des principes que la Commission nationale consultative
des droits de l'homme proclame hautement par ailleurs : l'universalité,
l'indivisibilité et l'effectivité.