Correspondance. Vol. 3. 1874-1881

Par ce dernier volume s'achève l'importante publication en français de la correspondance
intégrale de Dostoïevski, commencée en 1998, soit 936 lettres (925 d'après la
nomenclature de l'Édition académique russe auxquelles s'ajoutent 11 lettres, officielles
ou retrouvées).
Le tome 3, entièrement inédit dans notre langue, raconte les dernières années, de 1874 à
1881, cette époque où la Russie interroge son destin et où la grande voix du prophète
Dostoïevski tente d'exorciser ses démons. L'écrivain est au faîte de sa gloire, en plein effort.
Avec les romans l'Adolescent et les Frères Karamazov , surtout le vibrant Journal d'un
écrivain , la correspondance illustre l'étonnant dialogue, ce «commerce fraternel des
âmes» que l'auteur mène non seulement avec ses amis mais aussi avec tous ses lecteurs
qui l'assaillent de questions. Plus encore que dans les années précédentes, les lettres explicitent
l'oeuvre en cours, la nourrissent et, parfois, déjà l'écrivent. La correspondance,
ébauche et commentaire du roman, dit aussi l'incroyable magistère de la parole qu'exerça
Dostoïevski sur ses auditoires fascinés et, ce que les écrits ne pouvaient avouer, le combat
de l'idéaliste radical contre «la prédication des revolvers» terroristes. Avec toujours, en
contrepoint, la belle saga que fut l'amour de Dostoïevski pour sa chère Anna, sa femme.
Intime jusqu'à l'impudeur et la drôlerie, prophétique et fougueuse jusqu'à l'intolérance,
toujours sincère, humaine, la correspondance de Dostoïevski découvre au lecteur l'homme
nu, véridique, dépouillé des secrets et des légendes, et, proximité troublante, le génie tendu
à se rompre, «le voyant de l'esprit» douloureusement hanté par les questions maudites de
son siècle et... de notre temps. En un mot, elle nous livre la conscience du romancier.
Le maître d'oeuvre de cette édition, Jacques Catteau, professeur émérite de littérature
russe à l'Université de Paris-Sorbonne, a été le directeur du Cahier de l'Herne (1973)
consacré à l'écrivain russe. Il est l'auteur de la Création littéraire chez Dostoïevski
(1978). Il dirige la Revue des études slaves.
La traductrice, Anne Coldefy-Faucard, agrégée de russe, est maître de conférences à
Paris-Sorbonne. Elle a notamment traduit Soljénitsyne, Platonov, Zinoviev...
Le tome 1<sup>er</sup> de la présente édition a été couronné en 1999 par le Prix Sévigné de la
Correspondance.