Stendhal et l'aristocratie : actes du colloque

Actes du colloque de
Paris-Sorbonne-Paris IV
25-26 mars 2011
Stendhal écrit alors que l'homme de la démocratie l'emporte sur
l'homme de l'aristocratie, dans une France assoiffée d'égalité
et devenue « la nation la moins aristocratique ». Chez ce jacobin, il y
a une attirance pour le principe aristocratique et une fascination pour
l'aristocratie « quand elle n'est pas étiolée », ce qui n'atténue en rien sa
condamnation d'une caste mourante ou déjà morte, en tout cas déchue
du pouvoir, frappée de stérilité ou de nullité, et happée par le vide. Mais
quelques-uns de ses représentants se montrent parfois capables de vivre
à une hauteur morale peu commune. Noblesse oblige !
Ayant compris l'absurdité des titres dans le monde moderne, le héros
d' Armance révoque les prestiges du lignage - « La pauvre espèce ! et
que je suis contrarié d'en être ! » -, mais dans Le Rouge et le Noir la
satire impitoyable de l'aristocratie épargne le vrai grand seigneur qui
maintient l'empire du « bon ton ». Grâce au marquis de La Mole, Julien
découvre le monde du caprice et le temps du loisir qui est aussi celui de
la littérature. Et il finit par aimer l'aristocratie car il comprend qu'elle a
le souci et l'intelligence des choses de l'esprit et que sa seule supériorité,
à défaut d'une toute-puissance désormais abolie, est dans l'originalité
radicale de la désinvolture et du désintéressement.