Le je-ne-sais-quoi : aux sources d'une théorie esthétique au XVIIe siècle

Le je-ne-sais-quoi
Aux sources d'une théorie esthétique au XVII<sup>e</sup> siècle
L'expression « je-ne-sais-quoi », au sens courant, renvoie à un indéfinissable, un supplément d'âme dont on ne peut fixer la nature ni l'origine. C'est ce même mystère que recouvre l'emploi spécifique du terme au XVII<sup>e</sup> siècle ; qu'il s'agisse du charme de la personne aimée, de quelque chose qui nous retient et nous émeut dans une oeuvre d'art, jusqu'à cette grâce de Dieu, le pouvoir du je-ne-sais-quoi tient dans cette attraction magnétique, pareille à celle qu'on prête à l'aimant. Cependant, cette image n'en est peut-être pas une : et si l'on se trouvait réellement aimanté par ces objets du désir ?
Le présent ouvrage explore cette possibilité, en mobilisant des textes fondateurs de la philosophie aussi bien que des témoignages poétiques, de l'Antiquité jusqu'au XIX<sup>e</sup> siècle. Il s'agit, dans ces lectures croisées, de comprendre comment se met en place un discours propre à décrire l'effet que produisent sur nous les oeuvres d'art, et plus largement de mettre au jour la croyance qui s'exprime au travers de cette impossibilité de dire.