Olympe de Gouges dans La fée Electronique, Nam June Paik : dossier

Voici réunis un artiste coréen, figure majeure de l'art
contemporain et une femme de lettres qui vécut et mourut sous
la Révolution française. L'oeuvre ici présentée évoque cette
femme au destin hors du commun, morte sur l'échafaud.
Olympe de Gouges, féministe et révolutionnaire,
aurait sans doute approuvé le choix
d'un portraitiste aussi peu conformiste, aussi
rebelle qu'elle le fût elle-même.
Nam June Paik voyait en l'art un avatar de la
vie : insaisissable, drôle, ironique, ouvert sur
le monde. Usant de l'image électronique
comme de peinture et de l'écran de télévision
comme d'une toile, Nam June Paik engage,
dès ses premières performances dans les
années soixante, l'histoire de l'art sur la voie
féconde de l'art vidéo. Sur chaque écran, des
images défilent et le regard se perd dans la
succession des détails que l'oeil ne peut isoler
ou arrêter. Collages d'images qui forment un
tout dans l'esprit d'un spectateur devenu
acteur d'un spectacle sans cesse renouvelé.
Nam June Paik, «peintre» mais aussi sculpteur,
empile les téléviseurs et crée un robot
puis des familles de robots formant des
réseaux de connexions, symboles d'une
communication possible entre les générations
et les continents. Olympe de Gouges appartient à la famille
des robots de la Révolution, nés d'une commande de la Ville de
Paris pour la commémoration du bicentenaire de la Révolution
française.
La femme n'eut pas la vie longue. Éphémère, l'exposition La Fée
électronique le fut aussi, qui vit se déployer la stature d' Olympe
de Gouges dans la salle Dufy du musée d'Art moderne de la Ville
de Paris aux côtés de quatre autres de ses frères révolutionnaires.
Aujourd'hui, le robot demeure. Olympe de Gouges fait
partie des collections du musée d'Art moderne de la Ville de
Paris qui nous a, pour composer ce dossier, généreusement
ouvert ses portes et ses archives.