Le pouvoir en actes : fonder, dire, montrer, contrefaire l'autorité : exposition, Paris, Centre historique des Archives nationales, du 26 mars au 25 juin 2013

Le pouvoir, écrit Hannah Arendt, n'existe qu'en acte. Au-delà d'une
simple coïncidence lexicale, l'acte - charte, diplôme, constitution - est
l'expression, la manifestation privilégiée de l'autorité dont il prend le
nom, à date ancienne, et qu'il contribue à définir. Encore faut-il que ce
type particulier d'écrit revête tous les signes, rédactionnels et matériels,
qui le font être acte, parole écrite efficace.
Sur quoi se fonde cette efficacité, quelle forme de dialogue met-elle
en oeuvre, avec quelles évolutions ? Dans la production de ce type d'écrit
particulier, quel apparat garantit la transmission de l'autorité à l'acte
qu'elle produit en en manifestant la grandeur ? Quelles liturgies spécifiques
participent de ce qui constitue une sorte de sacrement du pouvoir,
l' authenti-fication consistant littéralement à produire l'autorité ?
À rebours, quelles destitutions menacent l'acte tenant lieu de corps
souverain, de corps du souverain ? En quoi les parades mises en oeuvre
contre l'acte faux, contrefait, le désignent-elles comme une menace
majeure à l'encontre de la crédibilité de la puissance publique ?
Portées par des spécialistes issus de champs disciplinaires variés,
de la philosophie à l'histoire, en passant par le droit, la linguistique, la
diplomatique, les réponses à ces questions permettent de mieux
comprendre en quelles pratiques et quelles représentations vient
s'arrimer l'autorité souveraine, des temps mérovingiens à nos jours.