Fondements logiques et phénoménologiques de la rationalité mathématique : contributions husserliennes au débat sur la crise des fondements

Formé en mathématiques par Kronecker et Weierstraß, puis
en psychologie par Brentano et Stumpf, évalué par Cantor,
critique de Schröder, correspondant de Frege, collègue de
Hilbert, maître de Weyl et Becker, Edmund Husserl est l'exact
contemporain des débats célèbres qui ont opposé positions
psychologistes, logicistes, intuitionnistes et formalistes au
cours de ce qu'on a appelé la «crise des fondements» des
mathématiques. Initié sur le terrain de l'arithmétique, puis très
vite confronté à ces «fines fleurs de la mathématique moderne»
que sont la théorie des systèmes de nombres, la théorie des
géométries de Riemann ou la théorie des groupes de
transformation de Lie, son projet phénoménologique vise à
rendre compte du type de signification et d'intuitivité que
peuvent revendiquer des «objets» dont la connaissance est
médiée par leurs rapports rationnels les uns aux autres. Or, après
s'être montré sensible aux arguments de ses différents
interlocuteurs et avoir ponctuellement adopté certaines de leurs
positions, ce sont en définitive des thèses formalistes que
Husseri va tout à la fois défendre et s'efforcer d'élucider par des
analyses constitutives statiques puis génétiques.