Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble

Quel(s) effet(s) la musique - de jazz principalement, mais pas
uniquement - produit-elle sur celle ou celui qui l'écoute, s'en
imprègne, ou qui, se la remémorant, la réinvente, projetant sur
elle des instants - réels ou rêvés - de vie personnelle ?
Cela dépend de beaucoup de choses. Par exemple du temps
qu'il fait à ce moment dans le corps, l'esprit de celle ou celui
qui compose cette musique, l'interprète, l'invente à l'instant
même, la diffuse, lui donne un lieu où exister.
Celui ou celle qui joue, qui chante, recherche-t-il tel jour
«seulement» un public et tel autre soir est-il anxieusement en
quête de l'inaccessible note bleue ?
Celui ou celle qui écoute entend-il «seulement» la musique
ou n'est-il que la proie, à ce moment, de ses chimères, ses
certitudes ou ses renoncements ?
Une seule chose est certaine : personne ne sort indemne de
l'exercice...
En une cinquantaine de textes (plus un «envoi») Alain Gerber
- se penchant sur nombre de jazzmen et jazzwomen, d'hier
et d'aujourd'hui, «fauteurs de trouble» - s'interroge et nous
questionne sur ce phénomène.
Peut-être Gerber s'adresse-t-il en fait à lui même sur ce qui
«fait désordre»...
C'est pour cela que ce qu'il dit parle au lecteur au plus profond
de lui-même.
Aussi parce que chacun de ces textes - qu'il participe de
l'analyse, de la critique, du récit ou de la poésie pure - est
un produit jubilatoire créé par l'immense talent de l'écrivain
Alain Gerber.