Walden

Le temps n'est que la rivière où je m'en vais pêcher. Je bois son eau ; et
tout en buvant, je vois le fond sablonneux et remarque comme il est peu
profond. Son faible courant entraîne toutes choses, mais l'éternité demeure.
J'aimerais boire plus profond ; pêcher dans le ciel, dont le fond caillouteux
est semé d'étoiles. Je ne peux compter jusqu'à un. Je ne connais pas la
première lettre de l'alphabet. J'ai toujours regretté de ne pas être aussi sage
que le jour de ma naissance.
La pensée étonnamment moderne de Henry D. Thoreau , concernant
la résistance vitale de l'individu aux empiètements de la société
et la nécessité de garder le contact avec la nature, mérite d'être portée
à la connaissance du public francophone avec une traduction qui
rende justice à la qualité et à la densité du texte de Walden.
Michel Granger
Thoreau se donne beaucoup de mal pour nous rappeler la nature de
la nature, la grâce inhérente au paysage. [...] Ses talents nous touchent
toujours, comme le prouve le livre que vous tenez en main. Ses mots
sont beaux, mais dangereux pour l'esprit.
Jim Harrison