Théophile Gautier journaliste à La presse : point de vue sur une esthétique théâtrale

Dans le panorama littéraire du XIX<sup>ème</sup> siècle, Théophile Gautier a été connu,
essentiellement, comme l'auteur d' Emaux et Camées et du Capitaine Fracasse ,
et comme le dédicataire des Fleurs du Mal. On lui a toujours reconnu d'avoir
en quelque sorte assuré la transition du Romantisme au Parnasse, au culte de
l'art post-romantique, à la poétique baudelairienne.
Les dernières décennies ont vu une réévaluation considérable de son oeuvre
d'écrivain (dont la réédition intégrale est en cours), qui montre l'influence
qu'il a exercée sur la modernité littéraire. Son oeuvre immense de journaliste
et de critique - qui a commencé à être diffusée très récemment, grâce à l'édition
que préparent Patrick Berthier et son équipe - demeure, en revanche,
quelque peu en ombre par rapport au reste de sa production, même si de
son vivant il fut certainement aussi célèbre comme feuilletoniste que comme
poète et romancier. Il faut d'ailleurs considérer que, malgré son statut de littérature
de second ordre, la critique dramatique n'en devient pas moins,
entre les mains de Gautier, un instrument privilégié pour poser «les principes
de l'art», comme le disait Ernest Feydeau.
Ce livre se propose de reconstruire, à travers une lecture suivie des articles
parus dans La Presse , quotidien auquel «le pauvre grand Théo» collabora
pendant la moitié de sa vie d'écrivain, un cadre le plus possible cohérent et
structuré de la pensée de Gautier sur le théâtre - que le feuilleton nous renvoie
sous une forme fragmentée et dispersée - en retraçant en même temps,
au fil des étapes de ces rendez-vous hebdomadaires avec les lecteurs, une
chronique de la vie théâtrale parisienne entre 1837 et 1855.