La mort du lieutenant Péguy : 5 septembre 1914

«Tirez, tirez, nom de Dieu !» crie le lieutenant Charles
Péguy à ses hommes cloués dans les betteraves par le
terrible feu allemand : une balle en plein front le fait taire
devant Villeroy, le 5 septembre 1914, à la veille du «miracle»
de la Marne.
Jean-Pierre Rioux revient sur le mobilisé en uniforme qui
fait ses adieux aux siens et à ses amis du 2 au 4 août dans
Paris pavoisé. Il détaille les cinq semaines au front, de Lorraine
en «pays de France», face à l'invasion et aux premiers massacres.
Il suit à la trace le poète en pantalon rouge, le réserviste
de quarante ans qui a voulu rester d'active, le patriote
et le chrétien qui pressent la barbarie qui menace l'Europe.
Au fil des pages, on découvre un Péguy inconnu, teigneux,
atypique, parti vaillant, apaisé, et qui est tombé, il le disait
lui-même, en «soldat de la République, pour le désarmement
général, pour la dernière des guerres».
Écrite d'une plume alerte et sûre, cette biographie, puisée
aux meilleures sources, restitue un portrait tout en sensibilité
d'un Péguy inclassable.