No rest : la légende d'un jardin dit l'Argilière

Le 30 Décembre 1916, les gouvernements
anglais et chinois passent un accord :
des travailleurs manuels recrutés dans le
Nord de la Chine viendront coopérer à
l'effort de guerre des Alliés. La Chine
d'alors n'est pas une colonie mais se trouve
sous forte influence économique des puissances
occidentales. Par le jeu des
alliances, elle fait donc partie des pays
engagés dans le conflit contre
l'Allemagne. Au total, près de 140.000
Chinois auraient été débarqués en France
entre 1917 et 1920.
Les contrats de travail mentionnent
l'obligation de rester à distance des zones
de combat mais ces civils chinois n'en sont
pas moins soumis au règlement militaire
britannique.
Certains témoins rapportent : à peine
débarqués à Marseille ou au Havre, on
leur coupe la natte puis ils sont envoyés à
l'arrière du front. Notamment en Baie de
Somme où ils sont tenus à l'écart de la
population dans un camp de triste
mémoire : barbelés, hygiène précaire, discipline
drastique voire mauvais traitements...
Les épidémies, en particulier de
grippe espagnole, vont rapidement décimer
le «Chinese Labour Corps».
Aprés l'armistice, plusieurs dizaines
de milliers de ces hommes sont encore au
travail, remblayant les tranchées et les
régions dévastées, déminant les secteurs
dangereux, rembarquant le matériel
amené sur le front. Au lieu dit L'Argilière
se trouve actuellement le cimetière
chinois de Nolette où reposent près de 900
personnes, la plus grande nécropole de ce
type en France.