Le Mandé de nos ancêtres : selon le Gbélin ou tradition orale

«J'ai eu le privilège d'assister aux simbosi , ces grandes
veillées qui rassemblent régulièrement "l'Afrique des
Profondeurs". L'Afrique moderne néglige trop les connaissances
de l'"Africain des profondeurs", souvent traité d'inculte, d'analphabète.
S'il est vrai qu'il ne disposait pas à l'origine d'écriture,
cet Africain-là avait d'autres moyens de communication - la transmission
orale, par exemple - qui lui permettaient de connaître son
passé et d'être en harmonie avec son environnement. Après le travail
aux champs, chaque soirée était (et est restée) un moment privilégié
de réunion et souvent de réjouissances sous l'arbre à
palabres. Les réunions vespérales constituent ainsi un moment
rêvé pour faire place aux gbéléfolah ou "maîtres de la Parole"»,
annonce l'auteur.
Les origines du Mandé - l'ancien Grand Empire du Mali -
remontent au 12<sup>e</sup> siècle, lorsque le grand Mahan Soudiata dit
« le Lion du Mandingue » conquit de vastes territoires en remportant
des victoires militaires sur le Sosso de Soumaoro et
d'autres royaumes voisins. Sa mère Sogolo - la petite-fille bossue
de la femme-buffle de Dooh -, sa soeur Kolokan, son loyal ami et
serviteur Facoly Coumba - le neveu du cruel Soumaoro -, Konsia
la soeur sacrifiée, etc. sont autant de héros légendaires exhumés de
la mémoire orale. Mais les us et coutumes des peuples mandé
actuels constituent également son Histoire.