Correspondance d'avant-guerre et de guerre

Correspondance d'avant-guerre et de guerre

Correspondance d'avant-guerre et de guerre
Éditeur: Le Félin
2015264 pagesISBN 9782866458232
Format: BrochéLangue : Français

Martyr de la Résistance, «modèle d'abnégation patriotique», a écrit

de Gaulle, un être de lumière pour ceux qui l'ont connue, mais

absente des recueils d'hommages aux héroïnes cataloguées avant

qu'Amiens et Neuilly ne la redécouvrent et qu'Israël ne l'élève au

rang des Justes parmi les nations.

Née en août 1913, fille d'un cordonnier de Neuilly, brillante élève

de l'école publique, reçue en 1937 à l'École Normale Supérieure de

Sèvres, agrégée des lettres, professeur aux lycées du Havre, d'Étretat,

Victor Duruy à Paris et à partir de 1942 au lycée d'Amiens, elle est

arrêtée le 13 février 1944, transférée à Paris, soumise au supplice de

la baignoire et meurt étranglée, victime de ses bourreaux ou suicidée

pour ne pas risquer de parler.

Agent de liaison occasionnelle dès 1941, elle avait participé au

mouvement Libération Nord, assuré un refuge à des amis juifs

proscrits, enfin apporté son aide aux aviateurs alliés rescapés qui

conduisait ceux-ci, en suivant la filière Shelburne, du Nord et de la

Somme jusqu'à leur point d'embarquement clandestin pour

l'Angleterre, à quelques brasses de Saint-Brieuc.

C'est tardivement, qu'ont été connues les lettres qu'elle adressait aux

siens. Elles sont un témoignage de lucidité patriotique ainsi qu'une

représentation pleine de retenue et parfois d'humour d'un pays sous

l'occupation ennemie. Elles tranchent par la finesse d'observation et

les bonheurs d'écriture sur le tout venant de la littérature épistolaire

de guerre. Elles seront une révélation pour le lecteur.

Quelques phrases en donnent le ton :

«1<sup>er</sup> juillet 1940. Le désastre n'a pas fait de moi une chiffe, mais un roc.»

«26 août. L'occupation ici n'est pas seulement symbolique, elle est

tyrannique, obsédante. Il y en a partout, dans les rues, les magasins, les

usines, les appartements, les villas... On les traîne avec soi, ils vous

courbent les épaules, la nuque...

«4 janvier 1944. On s'attend à des événements très proches, surtout

qu'on sait les Russes à la frontière polonaise...»

L'événement très proche fut son arrestation. Une de ses anciennes

élèves raconte que, se sachant sur le point d'être arrêtée, elle aurait,

avant de sortir du lycée, pris par la main dans la cour plusieurs

jeunes filles et les aurait entraînées dans une ronde en chantant :

«Ce n'est qu'un au revoir, mes soeurs, ce n'est...»

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