Les cahiers de l'Islam, n° 1. Qu'est-ce que la philosophie arabe ?

Le débat sur la philosophie arabe classique et le rapport
que la philosophie européenne moderne entretient à son
égard a fait ces dernières années l'objet de « débats » voire
de polémiques ayant parfois débordé du cadre stricte des
spécialistes.
Un des aspects de ces débats prend racine dans la
désignation de cette philosophie. Elle semble être
problématique. Faut-il continuer de l'appeler philosophie
arabe en raison de la langue dans laquelle elle s'est souvent
exprimée, y compris chez des penseurs qui ont pu être
chrétiens ou juifs ; ou bien philosophie islamique, à savoir
réflexion issue de l'hellénisme poursuivi dans un cadre
religieux d'imprégnation musulmane ; ou encore
philosophie de l'islam, à savoir effort d'élucidation des
questions posées en propre par le message coranique et le
hadith ? Il ne s'agit pas simplement d'une question
terminologique. Il s'agit bien entendu de ce que le concept
même de philosophie arabe ou de philosophie islamique
peut recouvrir et des auteurs auxquels il peut renvoyer.
Une approche encore plus large de cette thématique est
d'interroger la pertinence même des expressions
« philosophie arabe » et « philosophie islamique », au sens
où nous pourrions considérer que la philosophie en climat
islamique n'est que la «poursuite du dialogue exigeant
dans lequel, continûment et, en droit, partout, la philosophie
se crée».
Finalement, comment peut-on définir cette philosophie et
quelle actualité philosophique peut-elle avoir ? C'est à
toutes ces questions que les travaux présentés dans ce
volume tentent d'apporter une réponse.
Suivi de « Mémoires du Hagg. Le pèlerinage à La Mecque
vu à travers les Arts de l'Islam, la production intellectuelle et
matérielle de l'époque médiévale à l'époque
contemporaine. » et de trois recensions.