La chute du secret bancaire : ce que cela va changer concrètement

La chute du secret bancaire : ce que cela va changer concrètement

La chute du secret bancaire : ce que cela va changer concrètement
Éditeur: Favre
2009175 pagesISBN 9782828911164
Format: BrochéLangue : Français

Le secret n'est pas que le fait des lois, il dépend avant tout de la discrétion des

hommes. Il aura suffi d'un individu pour que le secret bancaire helvétique subisse

l'une des plus sérieuses attaques de son histoire.

Bradley Birkenfeld aurait pu rester un banquier anonyme. Il aurait pu continuer

à jouir d'une vie privilégiée, partagée entre les États-Unis et la Suisse, faite de

voyages en business class, de vacances à Zermatt, le tout saupoudré de quelques

fêtes mondaines. C'était sans compter la dénonciation à laquelle fut forcé son

client le plus fortuné, tombé un jour dans les griffes acérées du fisc américain

puis contraint de «donner» son banquier. La chute du premier domino entraîna

celle du second. Menacé par la justice de son pays, le financier passa lui aussi

aux aveux dans l'espoir de diminuer le risque d'une condamnation à plusieurs

années d'emprisonnement. L'ex-banquier a ainsi servi à Washington, et sur un

plateau d'argent, la plus belle occasion de porter un coup sévère au plus important

établissement du pays, l'UBS, et de déchirer une fois encore le voile opaque

du secret bancaire helvétique. La première puissance du monde s'est d'autant

moins privée de mener la charge que son adversaire, isolé politiquement, dépendant

économiquement, n'avait aucun moyen de lui tenir tête.

Pourtant, en matière d'opacité financière, ni les États-Unis, ni la Grande-Bretagne

d'ailleurs, ne sont des parangons de vertu. La logique voudrait qu'ils

fassent le ménage chez eux avant de jouer les redresseurs de torts. Mais la logique

n'a rien à faire dans cette histoire. Elle s'efface devant les rapports de force.

L'Europe, surtout la France et l'Allemagne, ont largement profité de cette

salve anglo-américaine pour dénoncer à leur tour la fuite des capitaux. Acculé, le

Conseil fédéral annonçait le 13 mars 2009 son intention de renoncer à la distinction

entre fraude fiscale et évasion fiscale. La fin d'un symbole, avant peut-être

la disparition définitive du secret bancaire helvétique.

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