Bien mourir : sociologie des soins palliatifs

Nos sociétés connaissent une profonde transformation
des sensibilités et des attitudes individuelles et collectives à l'égard
de la mort. Face aux interrogations éthiques et aux débats suscités
par la souffrance des malades, l'acharnement thérapeutique et
l'euthanasie, «bien mourir» est devenu une préoccupation pour
chacun d'entre nous. Jamais l'aspiration à une mort calme, sans
douleur, entourée et pacifiée n'a été aussi forte, comme en témoigne
le développement récent des soins palliatifs. On voit ainsi s'affirmer
une nouvelle conception de la fin de vie, marquée à la fois par
le projet de resocialiser la mort et par la volonté d'accompagner
au plus près l'expérience intime de la personne mourante.
À partir des situations concrètes vécues par les patients hospitalisés
en service de soins palliatifs, l'auteur montre comment
cette médecine accorde une place significative à la subjectivité et
aux émotions du malade. La dernière période de l'existence
est considérée par les professionnels comme un moment privilégié
d'affirmation de l'individu, qui doit parvenir à prendre conscience
de sa mort prochaine, voire l'accepter.
Cet ouvrage propose d'interroger cette idéologie normative
du «bien mourir» en analysant comment la fin de vie devient
le lieu d'une nouvelle utopie sociale, dont les soins palliatifs sont
emblématiques. Il constitue une des premières enquêtes sociologiques
sur ce sujet, et s'appuie notamment sur le témoignage des médecins
et soignants, mais aussi sur l'observation ethnographique des lieux
de fin de vie et des pratiques de soins.
Il permet ainsi de mieux comprendre la réalité quotidienne du travail
à l'approche de la mort et les stratégies déployées par
les professionnels confrontés à la souffrance des patients et
à la nécessité d'humaniser les derniers moments de chacun.
Cet ouvrage a bénéficié d'un soutien de la Mission recherche (MiRe)
- DREES (ministères de la Santé et des Affaires sociales)