Face au sida, quel comportement en Afrique ? : l'exemple du Cameroun

Les jeunes du Cameroun ont des pratiques d'exposition au risque du Vih/Sida,
notamment au travers des comportements comme le multi-partenariat,
le mono-partenariat avec un partenaire qui a plusieurs partenaires,
la non-utilisation ou l'utilisation occasionnelle du préservatif, l'ignorance
de son statut sérologique et de celui du partenaire.
Le présent ouvrage questionne et rend compte des facteurs qui soustendent
les comportements d'exposition au risque par ces jeunes qui sont
pourtant bien informés sur le Vih/Sida. Il montre comment, derrière la
question du Sida, se profile aussi un positionnement des peuples par
rapport à l'idéologie des rapports qui structurent la domination à l'échelon
mondial. Il explique comment le contexte de domination (culturel,
économique, politique...) où vivent ces jeunes ainsi que leur relation forte
et complexe à l'Occident, contribuent à analyser la recrudescence du Vih
sous l'angle du complot contre l'Afrique. La prise de risque intervient dans
un contexte local de maladie, de chômage massif des jeunes, de pauvreté
et d'incertitude dans lequel les acteurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
C'est le chacun pour soi dans l'immédiateté et le « full contact »
a ceci de particulier qu'il permet de maximiser la jouissance dans l'instant.
Face aux questions de sexe et de mort qui constituent pour eux un
double enjeu terrifiant, ces jeunes mettent en oeuvre des mécanismes de
défense pour les évacuer. Ils concernent la rationalisation du risque d'une
part et la désignation des boucs émissaires d'autre part. Ces procédés
de rationalisation et de «bouc-émissarisation» à la fois leur permettent
de justifier leur comportement non conforme au discours médical sur la
prévention et de conjurer la peur d'être infecté.