La miséricorde

Tel est le mystère inouï de la Miséricorde : elle ne s'appuie
aucunement sur nos propres mérites, mais sur la fidélité d'un Dieu
riche en pardon qui, «à cause du grand amour dont Il nous a
aimés, [...] nous a fait revivre par grâce avec le Christ» (Ép 2,4).
Autrement dit, la miséricorde divine n'est conditionnée par
rien d'autre que par le désir qu'elle a de se donner à l'homme pour
le sauver de sa misère et l'introduire gracieusement dans son Amour
éternel. Inconditionnelle de la part de Dieu, la miséricorde n'en est
pas moins conditionnée par la liberté humaine toujours prête à se
reprendre et à se recroqueviller sur elle-même ; c'est là que se joue
toute la dramatique divine d'un salut gratuitement offert, mais que
l'homme peut mépriser et refuser.
Mendiant d'amour, Dieu ne cesse donc de frapper à la porte
de nos coeurs pour qu'ils lui ouvrent : «Voici, je suis à la porte et
je frappe, si l'homme m'entend et ouvre la porte, j'entrerai et je souperai
avec lui...» (Ap 3,20). Les exemples dans l'Évangile sont
multiples qui nous rendent manifeste cette miséricorde pour ceux
qui consentent à «souper avec elle» : la Samaritaine, la femme
adultère, les publicains Zachée ou Lévi, le bon Larron ou l'enfant
prodigue, tous témoignent de la transformation de leur être par la
miséricorde du Christ.
Sous la direction du P. Jean-Gabriel Rueg, o.c.d., le
présent ouvrage rassemble de brèves réflexions synthétiques
proposées par quatre religieux pour nous introduire au
mystère infini de la miséricorde divine.