Liliane Abensour : l'ombre du maternel

«Il faut être profondément psychanalyste pour savoir ne pas
l'être. La pensée psychanalytique n'est-elle pas toujours pour
chacun à repenser ?» C'est sur ce paradoxe que Liliane Abensour
terminait son livre, La tentation psychotique (Puf, 2008). L'ombre
du maternel poursuit son questionnement et invite la réflexion
psychanalytique à son propre dépassement. Il témoigne d'une
vaste expérience clinique et d'une connaissance approfondie
tant des écrits psychanalytiques que de la littérature et de l'art.
Polysémique, le titre donne forme et direction au propos. Un
maternel difficilement pensable en sa double direction : à la fois
tourné vers les origines, jusqu'à un point de fuite insaisissable,
et, par ailleurs, vers un mode de fonctionnement et de relation :
«Un maternel au carrefour du mythique et du psychanalytique,
du biologique et du psychique, de l'étrange et du familier, de
l'amour et de la haine», un maternel à la fois inapprochable et
terriblement présent, charnel. La métaphore de l'ombre permet
d'approcher un «au-delà du maternel» en lien avec la psychose.