Etudes sur les Maximes de La Rochefoucauld

On a beaucoup écrit sur les Maximes de La
Rochefoucauld, on s'est beaucoup interrogé
sur sa philosophie, et notamment sur l'importance
de l'influence augustinienne sur sa pensée,
mais on ne s'est guère employé jusqu'ici à
disséquer, à décortiquer les maximes une à une
pour en faire l'anatomie, comme il l'aurait dit.
Plus que tout autre genre pourtant, la maxime,
par son extrême concision, par le fait qu'elle cultive
si volontiers le paradoxe, appelle une analyse
textuelle aussi minutieuse que possible. Ce travail,
parfois un peu ingrat, mais si nécessaire,
éviterait à certains critiques de prêter à La
Rochefoucauld des intentions et des idées qui ne
sont sans doute pas les siennes, en s'appuyant sur
des maximes qu'ils ont parfois mal comprises,
notamment, et c'est le cas le plus fréquent, parce
qu'ils en ont méconnu le caractère ironique.
C'est à cette modeste tâche que l'auteur de ce
livre a commencé à s'atteler.