Ecoutes : raison d'Etat ou abus de pouvoir ?

Écoutes :
Raison d'État ou abus de pouvoir ?
D
ans un choix politique normalisé, tous les pouvoirs de la V<sup>e</sup> République ont utilisé le système des écoutes. De la création du Groupement interministériel de contrôle sous l'autorité du Général de Gaulle avec un ancrage dissimulé sous la présidence pompidolienne ; des micros giscardiens du Canard enchaîné aux Écoutes de l'Élysée de François Mitterrand ; de la cassette Méry du président Jacques Chirac aux suites de l'affaire Bettencourt sous la mandature de Nicolas Sarkozy, depuis un plus d'un demi siècle, les pouvoirs successifs français n'ont rien à envier au scandale américain du Watergate . Pourtant, en France, au motif de la protection et de la bonne organisation de notre société, les écoutes sont légitimées par l'alibi de la légalité. Elles s'imposent à tous sous le sceau du secret-défense ou à la discrétion de l'enquête judiciaire.
C
e livre vérité, sur les bonnes et les mauvaises raisons d'être d'une législation sur les écoutes, est un roman feuilleton policiaro-judiciaire et politico-médiatique, une autopsie de l'oligarchie politique, celle qui fût longtemps prisonnière de ses simagrées, de ses dogmes et de ses faux-semblants. Avec vingt ans d'existence, la loi du 10 juillet 1991 sur les interceptions téléphoniques s'inscrit dans une comédie aux fortes résonances historiques et contemporaines dont l'auteur a été tour à tour acteur et décideur tant au sein du ministère de l'Intérieur qu'auprès du très secret Groupement interministériel de contrôle.