La guerre des principes : les assemblées révolutionnaires face aux droits de l'homme et à la souveraineté de la Nation, mai 1789-juillet 1794

La Révolution française a été ce moment où l'on a vu, avec le plus de netteté démonstrative, s'affronter deux principes antinomiques : celui des droits de l'individu, consacrés par les deux premiers articles de la Déclaration des droits ; celui de la souveraineté de la nation, qui resurgit dès l'article troisième. Mais, en quelques années dramatiques - quand la Terreur succède à l'aube radieuse de la liberté -, la Révolution a fixé le triomphe de l'intérêt collectif sur l'intérêt individuel. Et c'est bien de l'Ancien Régime que les hommes de la Révolution ont hérité leur conception de la souveraineté absolue de la nation.
Pour étayer cette thèse forte, l'auteur a adopté le parti vigoureux d'une lecture suivie, minutieuse et vigilante des délibérations parlementaires. Episodes obscurs, débats ignorés, polémiques de second plan, le plus souvent négligés, sont lus comme des controverses exprimant la tension entre droits de l'homme et droits de la nation qui traverse les révolutionnaires, leurs discours et leurs actions.
Ainsi se trouvent reconstitués, avec rigueur et finesse, les termes inauguraux d'une «guerre des principes» qui a fondé notre modernité politique.