Urbanisme civique en temps de crise : les espaces publics d'Hispanie et de l'Occident romain entre les IIe et IVe s.

L'histoire des villes et des cités de l'Occident romain ne doit plus être écrite comme celle
d'un déclin progressif entre le Haut-Empire et l'Antiquité tardive. Néanmoins, l'image
laissée par ces communautés civiques et la cellule administrative fondamentale de
l'Empire se trouble progressivement entre les II<sup>e</sup> et IV<sup>e</sup> siècles. La documentation tardive,
peu abondante, souvent de nature juridique ou ecclésiastique et de portée générale,
rend compte de la permanence globale de la vie municipale, mais la disparition
progressive des donnés épigraphiques ne permet plus de cerner sa diversité et sa
richesse. Or, les vestiges archéologiques livrent un tableau contrasté de l'évolution des
espaces civiques. Si leur occupation semble se pérenniser sans changement significatif
dans quelques grandes villes, ailleurs la dégradation de monuments et de lieux publics
ou leur occupation par des activités privées, voire leur abandon pur et simple, signalent
des processus de changement dans l'activité civique qui tranchent avec la perception
actuelle de la pérennité de la vie des cités. Comment faut-il interpréter cette évolution ?
Faut-il y voir le témoignage d'une crise urbaine ou seulement la transformation de la
pratique civique et un changement dans l'utilisation des espaces dédiés à la vie de la
communauté ? S'agit-il de phénomènes diffus ou localisés ?
Afin de fournir des éléments de réponse à ces questions, ce livre fondé sur un bilan
mais également sur des découvertes récentes croise les Histoires provinciales, les
trajectoires singulières et les destins trasversaux des villes et de l'urbanisme civique
en Occident entre le Haut-Empire et l'Antiquité tardive.