Robespierre, politique et mystique

Robespierre politique et mystique
Aulard appelait Robespierre un mystique assassin ; et, comme le disait très bien Mathiez, d'un certain côté on lui eût presque pardonné la Terreur, mais l'Être suprême , jamais.
Je ne connais pas d'étude attentive, minutieue, consacrée à ce que fut la pensée religieuse de Robespierre. Or elle est, chez lui, profonde, cette pensée ; vivante et déterminante. L'objet même de cet ouvrage est d'établir cette vérité. J'espère y avoir contribué au moyen de preuves nombreuses, de grande portée, et trop peu connues.
Robespierre avait bien, en effet, une mystique - au moins au sens où l'entendait Péguy. La mystique républicaine , disait Péguy, c 'est qu'on se faisait tuer pour la République . Il se trouve que c'est exactement le parti qu'adopta Robespierre. Avec lui, devant nous, un de ces témoins qui se font tuer, dont a parlé Pascal, et qui ont donné la mesure de leur ardente sincérité.