La (re)fondation des observatoires astronomiques sous la IIIe République : histoire contextuelle et perspectives actuelles

Science et politique ont toujours été étroitement mêlées, ainsi
l'astronomie depuis l'installation en France de Cassini à l'invitation de
Colbert et de Louis XIV. L'astronomie française du XIX<sup>e</sup> siècle ne déroge
pas à cette règle car elle met en lice de célèbres institutions comme
l'Académie des sciences, le Bureau des longitudes et l'Observatoire de
Paris. Des personnalités scientifiques brillantes comme Arago, Le Verrier,
puis Delaunay, s'affronteront dans un contexte politique changeant
de 1830 à 1871. L'échec de la guerre de 1870 conduit les gouvernements
de la III<sup>e</sup> République à s'interroger sur la suprématie de la technologie
allemande. Afin de pallier la déficience française, ils tenteront de
développer l'enseignement scientifique et notamment les observatoires
astronomiques, dans une optique de décentralisation.
En parallèle, les astronomes parisiens se libèrent progressivement de la
tutelle autoritaire d'Urbain Le Verrier et essaiment dans les observatoires de
province réactivés : Toulouse, Marseille et Alger, ou nouvellement fondés :
Besançon, Bordeaux et Lyon. Ce développement repose sur une profusion
de textes réglementaires dès 1850. En 1878, deux décrets importants sont
publiés portant l'un sur la réorganisation des observatoires astronomiques,
l'autre sur la fondation de nouveaux établissements. En outre, plusieurs
initiatives privées aboutissent à la fondation d'observatoires à Strasbourg,
Meudon, Nice, Hendaye et au Pic du Midi de Bigorre.
Cet ouvrage révèle comment les pratiques en astronomie, l'histoire et
le patrimoine des observatoires et les relations entre astronomes ont
influencé les recherches actuelles en astronomie et en astrophysique dans
ces établissements.