Le fantôme de Vancouver. Stat amor : romans

Ces deux premiers romans de Dominique Jacques,
brefs, denses et puissants, soutenus par un rythme
hallucinant, témoignent d'une écriture singulière où les
personnages, plongés dans un univers onirique marin à la
fois tendre, violent et sensuel, sont confrontés à leur
image, à travers les ondulations d'un miroir déformant,
ou sous le verre épais d'une loupe qui en révèle les
candeurs et les monstruosités. On ne peut s'empêcher de
penser à James Joyce, qui considérait que le personnage
principal d'un roman est le langage.
Le fantôme de Vancouver évoque, en un tourbillon
visionnaire, un amant des années folles, dandy des nuits
ruisselantes de champagne, et décline une mystérieuse
passion pour les princes arabes à la chevelure parfumée,
semant leur sceptre calciné sur tous les continents.
Stat Amor (dont l'auteure donne de nombreuses représentations
sur scène) confirme cette option qui frise le
fantastique, tout en privilégiant une sonorité que l'on
pourrait comparer, sur le plan musical, à celle de Bartok,
et qui ravira les amoureux d'une authentique et prémonitoire
poésie romanesque.