Le monnayage de la Syrie sous l'occupation perse (610-630). Coinage in Syria under Persian rule (610-630). Historical introduction : the Persian Near East (602-630 AD) and its coinage

Le monnayage de la Syrie sous l'occupation perse (610-630). Coinage in Syria under Persian rule (610-630). Historical introduction : the Persian Near East (602-630 AD) and its coinage

Le monnayage de la Syrie sous l'occupation perse (610-630). Coinage in Syria under Persian rule (610-630). Historical introduction : the Persian Near East (602-630 AD) and its coinage
Éditeur: CNRS Editions
2004171 pagesISBN 9782271061157
Format: BrochéLangue : Français

On considère en général que l'invasion perse et en particulier la prise

d'Antioche en 610 ont entraîné la fermeture de l'atelier monétaire syrien. Toutefois

la présente étude, fondée sur un corpus rassemblant plus de 200 folles , montre

qu'une activité monétaire a existé en Syrie du Nord au cours de l'occupation

perse de 610 à 630.

Ces « folles syriens» sont caractérisés par une iconographie particulière ;

ce sont des imitations de folles de types byzantins antérieurs ou contemporains :

Phocas seul, Phocas et Léontia, Héraclius seul, Héraclius et Héraclius

Constantin, Justin II et Sophie et enfin Maurice Tibère. Ces six classes suivant

lesquelles les folles syriens ont été répertoriés, constituent bien un ensemble

comme de multiples liaisons de coins entre classes ont pu le démontrer. La

quarantaine de pseudo-marques d'atelier relevées au revers de ces folles

constitue une autre de leurs particularités : on distingue à coté des marques

d'atelier classiques de Constantinople, Nicomédie et Antioche-Théoupolis des

formes altérées ou dérivées de celles-ci.

L'analyse métrologique a montré qu'il ne s'agissait pas d'un atelier de

faussaires, mais bien d'un atelier organisé travaillant suivant des spécifications

bien définies. Ces normes, de même que le nombre d'officines varient suivant les

diverses périodes que l'analyse des fréquences de production avait mises en

lumière. L'attribution à l'ensemble syrien de séries particulières imitant les folles de

Justin II frappés à Nicomédie a nécessité une analyse comparative non seulement

avec leurs modèles mais également avec la production de type similaire par des

ateliers militaires de la fin du VI<sup>e</sup> siècle et aussi avec les folles arabo-byzantins de

type voisin produits à Gerasa et Scythopolis à la fin du VII<sup>e</sup> siècle.

L'analyse des trésors syriens confirme l'attribution des folles étudiés à la

période d'occupation perse 610-630. Les trésors antérieurs ne présentent pas

d'exemplaires contrairement aux deux trésors postérieurs à 630, notamment celui

de Tell Bisa, numériquement le plus important. Par ailleurs, les seules monnaies

de fouilles ayant révélé la présence de folles syriens proviennent d'Apamée. Ils

sont en revanche absents des fouilles aussi bien d'Antioche que de Gerasa.

L'ensemble de ces données suggère une localisation de l'atelier en Syrie du

Nord, peut-être Emèse.

Replaçant ces éléments dans leur contexte historique, on peut esquisser le

profil de cet atelier comme dépendant d'autorités locales quasi-autonomes ou

sous un contrôle perse tolérant, dont la production et les types de folles frappés

ont fluctué suivant les aléas de la guerre. Ce monnayage syrien marque à la fois

la fin du rôle économique et monétaire d'Antioche et porte en germe des éléments

du monnayage de bronze que produira la Syrie dès sa conquête par les Arabes.

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